portsmouth sinfonia

Portsmouth Sinfonia:  « Je vous assure que cet orchestre joue faux… »

 

Les débuts

Le Portsmouth Sinfonia est un orchestre fondé en 1970 par le compositeur Gavin Bryars. Ses membres furent d’abord recrutés pour la plupart parmi les étudiants du « Portsmouth College of Art » où Bryars était Maître de conférences. Il n’y avait pas d’audition préalable , le seul critère d’admission était que le musicien ait une connaissance, au moins minimale, d’un instrument y compris pas du tout. Plus en détail, le processus était le suivant. Les musiciens les plus capables, disons crédibles, échangeaient leurs instruments avec d’autres, tandis que quelques interprètes d’un niveau « décent », conservaient le leur afin de préserver une certaine « cohérence » à minima.

En dépit d’une inévitable cacophonie, Bryars réclamait impérativement la présence de tous les musiciens à chaque répétition, et ceux-ci devaient catégoriquement et avec le plus grand sérieux jouer de la façon la plus rigoureuse dont ils étaient capables…

Les quelques images tournées à leur sujet montrent un incroyable niveau de motivation et de concentration en dépit du résultat…

 

Pourquoi le « Portsmouth Sinfonia »???

La première question que tout être se pose est: « Pourquoi?? »…

En effet, pourquoi le « Portsmouth Sinfonia » ???… pourquoi cet « orchestre » ou plutôt « Artchestra » , en voici la raison.

Plusieurs personnes, à commencer par son fondateur, considéraient le « Portsmouth Sinfonia » comme une forme d’art conceptuel sincère plutôt que comme un exercice purement comique. Il est évidemment tentant d’y voir une caricature du son et des concepts des compositeurs d’avant-garde. On peut, bien sûr, y voir aussi une surestimation ou un snobisme de plus.

Beaucoup de compositeurs et musiciens modernes trouvèrent cette démarche intéressante et même, pourquoi pas, profonde.

 

Une 5ème Symphonie de Beethoven particulièrement dépressive…(mais pas déprimante pour autant…)

 

Les « musiciens »

La première mouture du « Portsmouth Sinfonia » peut s’enorgueillir de la présence de personnes connues de la musique contemporaine de l’époque. Brian Eno y entra comme clarinettiste en 1970, sans aucune connaissance préalable de l’instrument. Suivirent très vite le célèbre musicien de films Michael Nyman, le pataphysicien Brian Reffin Smith, Steve Beresford… Le chef d’orchestre régulier était John Farley qui se révéla comme étant doué même si occasionnellement erratique. On dit qu’il dirigea, un jour « Le Beau Danube Bleu » en criant: « Un, deux, trois, quatre » alors que la pièce est notoirement et indéfectiblement à trois temps, il en résultat encore plus de chaos qu’il n’était déjà possible. Quelques instrumentistes prétendaient que le regarder pendant les concerts les déstabilisait totalement. Ils s’en abstenaient donc.

Parce que le « Portsmouth Sinfonia » comptait plusieurs véritable musiciens talentueux, leurs chevaux de bataille « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss, « Dans l’antre du roi de la montagne » de Grieg et « L’ouverture de Guillaume Tell » de Rossini, furent toujours reconnaissables même si peu aboutis.

 

2001 l’Odyssée de l’espace avec une musique revue par le Portsmouth Sinfonia:

 

 

La carrière

Peu après un improbable début au Southbank Center’s Purcell Room, l’orchestre signe un contrat avec Transatlantic Records pour enregistrer leur premier album en 1973.

Le disque est publié en 1974 sous le titre The Portsmouth Sinfonia Plays the Popular Classics. Bien qu’il n’ait pas été réédité depuis 35 ans des copies sont mises en vente régulièrement sur eBay.

Ce fut, évidemment un succès dont le groupe profita pour donner un concert au Royal Albert Hall de Londres. Cet événement « historique » eut lieu le 28 Mai 1974.

Un concert donné à la prison de Wandsworth subit une farouche opposition de la part de la  Howard League  pour la réforme pénale. Cette association qui milite pour le droit à une prison plus humaine entama une procédure sur les bases suivantes : le concert du Portsmouth Sinfonia constituait une forme de punition « cruelle et inhabituelle ».

Les éditeurs d’Ainsi parlait Zarathustra de Strauss estimèrent quant à eux, que la pièce avait subi un réarrangement même si les musiciens assuraient qu’ils n’avaient rien changé mais confessaient jouer juste affreusement mal.

Le dernier concert du Portsmouth Sinfonia eut lieu dans une université Parisienne(?) en 1980.

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