NTM

Quand NTM chantait Chopin

Suprême NTM, duo rap composé de Joey Starr (Didier Morville) et Kool Shen (Bruno Lopes) qu’on ne présente plus,  reprend, lui aussi, en 1999 dans le single That’s my people l’emblême de la musique romantique: le Prélude n°4 de Chopin en Mi mineur.

 

Une version touchante, dont voici les paroles:

Je t’explique ce que je kif, c’est de fumer des spliffs

Et puis de construire des riffs qui soient compétitifs.
Pouvoir faire de la musique tout en gardant mon éthique.
Faire du fric sans jamais tacher l’image de ma clique.
C’est fou ! Mais c’est comme ça, je me nourri de ça.
J’ai besoin de ça, mon équilibre dépend de ça.
Je suis sur le mic, mec, et puis j’aime ça.
J’aime quand ça fait paw, quand ça vient d’en bas, et puis quand
C’est pas peaufiné, léché, trop sophistiqué, c’est péché.
Je préfère m’approcher de la vérité sans tricher,
Sans jamais changer mon fusil d’épaule et puis garder mon rôle, tenir la taule.
Restez en pôle position, peu confortable, mais c’est pas grave ! J’aime le challenge.
Porter le maillot frappé du sceau de ceux dérangent
Est un honneur pour moi, comme pour mes complices,
Mes compères, mes comparses, fatigués de cette farce.
On ne veut plus subir et continuer à jouer les sbires.
Sache que ce à quoi j’aspire, c’est que les miens respirent.

Cause that’s my people.
I make music for my people.

A part fumer des spliffs, mon premier kiff, c’est de chiller,
Rester tranquille au sein des miens, me laisser aller
À déballer des conneries, parler juste pour parler,
Refaire le monde avec notre vision décalée.
On est des fous bloqués dans des cages d’escaliers,
Pris en otages par le nombre élevé de paliers
Et à la longue, mec, je t’assure, tout, ça, ça pèse.
96, je vois toujours des braises allumées
Dans les yeux fatigués des gosses du quartier.
“Pass pass le Mic” que je développe mes idées contaminées.
C’est vrai je suis miné mais déterminé
À ne jamais vraiment lâcher l’affaire.
Qu’est-ce tu peux faire ?
Je suis pas là pour prendre des coups ou bien même pour me taire.
Si le FN brandit sa flamme, je suis là pour l’éteindre, c’est clair !
Pas d’éclair de génie, juste un lyric qui jaillit
De mon esprit, dédicacé à mon possee.

Cause that’s my people.
I make music for my people.

Construire est ma seule excuse au fait de prendre de l’âge.
Si je sens pas les miens autour de moi, putain !
C’est le naufrage assuré, c’est vrai !
Je me sens rassuré qu’en présence de ceux que j’aime.
Je veux m’assurer que tout ce que je balance soit approuvé,
Même si j’ai rien à prouver, je veux que tous mes potes puissent s’y retrouver.
Je veux pouvoir les garder près de moi,
Les regarder 12 mois par an, comme l’ont fait mes parents pour moi,
Parce qu’après c’est trop tard.
Faut pas comprendre qu’on les aimait, une fois qu’ils sont ti-par.
Ou bien, c’est que tu as envie de pleurer, ou plutôt que tu sais pas !
Dans ce cas, je peux rien pour toi.
J’ai pas la clé du bonheur, j’ai même jamais été à la hauteur
Pour ce genre de trucs, mais aujourd’hui, j’ai peur
Car l’horloge a tourné !

Cause that’s my people.
I make music for my people

 

 

 

Et la version originale par le pianiste chilien Claudio Arrau (28 Décembre 1950)

 

Jean-Michel Darrémont Site Officiel

 

 

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